Camille Bryen, Des Ecritures
De l’écriture à la désécriture
Poèmes, essais, articles, inédits
Textes réunis et annotés par Émilie Guillard
Dijon : Les presses du réel, coll. L'écart absolu
automne 2007, 17 x 24 cm (broché), 736 pages
ISBN : 978-2-84066-224-2

 

La publication de l'ensemble des écrits de Camille Bryen (poèmes, essais, articles, inédits, entretiens), piéton infatigable de Saint-Germain-des-Prés entre les années 30 et 70, révèle un auteur singulier, à l'écart du bruit conventionnel. Il ne cessa d'explorer les arcanes du langage (par les images, dans la matière des mots) jusqu'à sa dissolution dans l'illisible, dans le signe et le geste, allant de l'écriture à la désécriture, préférant l'espace du tableau, par delà les mots, bien trop cloués dans le code.
Bien plus connu et reconnu comme peintre et dessinateur, il traversa les expérimentations de son temps (dada, surréalisme, abstraction, expressionnisme abstrait, lettrisme, art brut et tachisme) sans jamais se fixer dans un quelconque style, inventeur de cartographies imaginaires multicolorées et selon des gestes pulsifs impromptus, toujours à la recherche d'une langue inconnue, non linguistique, multidimensionnelle (il co-signait dans les années 30 le manifeste "dimensionnel" de Sirato). Partisan, sans parti pris, d'un "art autre" (annoncé par son ami Michel Tapié qui fit connaître à Paris le Gutaï japonais), il fut "abhumain" avec Audiberti et "saventurier" avec Boris Vian, adepte de la "poésie" naturelle" (il publie une anthologie aux éditions K en 1948).
Il croisa tous ceux qui s'éloignaient des sentiers battus, comme Duchamp, Picabia, Arp, Artaud, Wols, Hains et Villéglé, et publia chez des éditeurs amis à l'écart comme les éditions K, le Soleil noir, PAB ou Illiazd et dans des revues marginales telles que Phases ou La Tour de feu.
Traversant le temps, dans le plein vide, Bryen dérailla, en riant, vers le sans sens illimité.

Michel Giroud (dir. coll. L'Ecart absolu)

 

Liste des textes

 

      Oeuvres complètes de Camille Bryen
           " Je peins pour ne plus écrire "